Un portrait unique des enfants du Grand Montréal

La Fondation du Grand Montréal présente une édition spéciale du rapport Signes vitaux MC à la mesure de 2017, année des célébrations du 375e anniversaire de Montréal et du 150e du Canada. Nous avons pris la décision de consacrer ce document au thème des enfants qui représentent l’avenir de notre communauté. La réalisation de ce projet est une histoire qui mérite d’être racontée.

YVAN GAUTHIER
Président-directeur général

 

La Fondation du Grand Montréal a entrepris ce projet dès décembre 2016 en invitant plus d’une trentaine d’organisations engagées auprès des enfants à partager des données et discuter des enjeux les plus importants. Ce rapport n’existerait pas sans leur contribution. Au tout début du processus, nous avons établi les conditions de réussite, et l’une d’entre elles – celle d’y engager les enfants – a eu un grand impact sur l’évolution du projet. Six groupes d’enfants provenant de différents quartiers ou vivant des conditions particulières (enfants de réfugiés syriens, enfants handicapés, etc.) ont aussi participé aux conversations sur le rapport Signes vitaux MC. Leur contribution a été telle que nous avons décidé de tenir un forum soulignant l’importance d’écouter la voix des enfants dans la communauté.

La publication, en juin dernier par l’UNICEF, du rapport Innocenti 14 a aussi eu une influence majeure sur le projet Signes vitaux . Ce rapport comparait la situation des enfants du Canada, âgés de 17 ans et moins, avec ceux de 40 autres pays riches sur la base des objectifs de développement durable, tels qu’adoptés par les 193 pays membres de l’ONU en septembre 2015. Les résultats de cette étude ont confirmé nos intuitions : la situation des enfants au Canada connaît un net recul si on la compare avec celle décrite par les rapports antérieurs de l’UNICEF. En effet, le Canada se classe désormais au 25e rang en ce qui a trait au bien-être des enfants, alors qu’il était en 12e place en 2007.

Le Canada se classe au 32e rang sur 41 pays pour l’objectif de développement durable Pas de pauvreté et au 37e rang pour les objectifs Faim « zéro » et Paix, justice et institutions efficaces. En nous inspirant du cadre de ce rapport, nous avons évidemment dû adapter les indicateurs conçus pour les pays afin qu’ils soient applicables à l’échelle d’une région et rechercher les études trop rares sur la situation des enfants.

Les résultats de ce portrait des enfants du Grand Montréal sont parfois ceux qui sont attendus, d’autres sont surprenants ou inquiétants.

 

Quelques constats

Il se trouve que 35,8 % des quartiers canadiens à faible revenu sont à Montréal, mais que les transferts sociaux et fiscaux atténuent les effets importants de cette pauvreté. D’autre part, près de 50 % des élèves du secondaire n’ont pas déjeuné avant d’aller à l’école. Malgré des progrès dans la réussite scolaire au secondaire, Montréal marque encore le pas par rapport à d’autres grandes régions. Les filles réussissent le mieux à l’université : elles représentent 59,2 % des diplômés au baccalauréat. En ce qui concerne l’accès à un médecin de famille, 65 % des jeunes de la region métropolitaine de Montréal âgés entre 12 et 19 ans y ont accès, comparativement à 94 % pour Toronto et 88 % pour Vancouver. La plupart des écoles du Québec offrent un enseignement relatif au développement durable. Mais un grand nombre d’enfants sont exposés à des problèmes causés par les moisissures présentes dans leurs écoles ou dans leurs logements insalubres.

Le document Signes vitaux MC ne propose pas l’analyse de ces constats. Il est produit pour susciter des discussions dans la communauté du Grand Montréal. Plusieurs organismes ont déjà annoncé des initiatives importantes et nous espérons voir surgir des projets innovants en faveur des enfants. Le rapport Signes vitaux MC décrit une réalité multidimensionnelle dont les enjeux engagent toute la communauté, y compris les enfants.